Homélie du dimanche 8 novembre 2015

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Evangile de Marc 12, 38-44

Homélie du dimanche 8 novembre 2015              32° Dim Ord  B               Marc, 12, 38-44

 

Baptême de jeunes en âge scolaire.


Je propose de regarder les deux femmes mises en scène dans l’évangile et dans le livre des Rois comme une image de l’Eglise.

Elles sont veuves. L’époux, celui qui les a aimées et qu’elles ont aimé, leur a été enlevé. St Paul parle de l’Eglise comme de l’épouse du Christ.

C’est une belle image qui manifeste que la foi c’est une histoire d’alliance.

Comme ces deux femmes l’Eglise vit donc, sans la présence physique de son Seigneur.

Il est mort et il est ressuscité. Chrétiens, il nous faut faire le deuil de la présence physique du Seigneur.

Il est présent mais par son Esprit, par sa Parole et par les autres.

Cette présence/absence du Christ mort et ressuscité nous renvoie donc à la Bible et aux autres.

La Bible, et singulièrement l’évangile, devient pour nous, une Parole que Dieu nous adresse quand on la lit ensemble, qu’on en discute ou

qu’on la médite.

Les autres avec qui on vit, sont le corps du Christ qu’on ne voit pas. Nous le rencontrons en rencontrant les autres.

Nous l’aimons en les aimant. Sinon notre foi est hypocrite. Comment peux-tu dire que tu aimes Dieu si tu n’aimes pas ton frère ?

Ces deux femmes, elles ne sont pas seulement veuves mais aussi, pauvres. Elles n’ont plus rien, pour vivre, que le strict nécessaire.

Elles ne peuvent donc pas s’appuyer sur leurs moyens ou leur richesse. Elles ne peuvent s’appuyer que sur Dieu en qui elles ont mis toute leur

confiance, puisqu’il est la source de toute vie.

La veuve de Sarepta montre qu’elle est prête à donner tout ce qui lui reste pour nourrir le prophète au risque de ne plus pouvoir se nourrir elle-

même et son fils.

Mais parce qu’elle a fait confiance à Dieu et pris le risque de tout donner pour un autre la jarre de farine ne s’épuisa pas, le vase d’huile ne se

vida pas ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par le prophète Elie.

La pauvre veuve de l’évangile, elle, en donnant ses deux piécettes non seulement elle fait preuve d’une grande générosité mais aussi d’une

grande confiance. Elle s’en remet entièrement à Dieu et aux autres pour vivre. En donnant ce qui lui reste elle se donne et s’abandonne à Dieu

et aux autres, dans la confiance.

En contraste, les riches qui versent de grandes sommes d’argent au vu de tout le monde, eux ils ne donnent que de leur superflu. Ils ne se

donnent pas sinon en spectacle ! Ils sont à eux-mêmes leur propre dieu !

Chaque fois que, dans son histoire, l’Eglise s’est trouvée riche par son influence, ses institutions, ses moyens financiers, elle a été tentée de se 

suffire à elle-même, de vivre par elle-même et pour elle-même. Elle a alors oublié qu’elle était seulement signe et servante du Dieu de Jésus

Christ.

Par son geste cette pauvre veuve se rend vulnérable aux autres. Désormais elle va dépendre d’eux, de leur solidarité, de leur bienveillance.

Pour rencontrer Dieu et les autres, il faut accepter de ne pas se suffire à soi-même.

Il faut reconnaître qu’on ne peut pas vivre vraiment sans les autres. C’est par eux que nous recevons la vie. Et sans eux nous ne pouvons pas

grandir et construire notre vie comme un projet.

Il nous suffit de penser à tous ceux qui ont contribué à notre croissance humaine et chrétienne. (Parents, grands parents, enseignants,

amis etc)

L’Eglise aujourd’hui, est une communauté parmi d’autres. Elle a perdu sa superbe. Elle n’a plus vraiment pignon sur rue.

Telle ces deux pauvres veuves, elle est vulnérable et fragile. Elle n’a plus d’autre force que celle de sa foi en Dieu et en l’homme. Et pour sa

mission elle dépend de l’accueil des autres.

Mais cette fragilité est un atout.

Dans une société déprimée qui doute d’elle-même et de son avenir, qui s’enferme dans la peur et le tout sécurité, dans une société qui cultive

la méfiance entre les gens, les groupes et les peuples, l’Eglise a néanmoins un rôle à jouer.

A la rencontre des autres, elle témoigne que la confiance en Dieu, en la vie et dans les autres c’est un risque nécessaire à prendre si on veut

retrouver le sens de l’espérance, la joie de la fraternité, l’aptitude à reconnaître ce que nous vivons de beau et de bon, et aussi le sens de la

responsabilité fraternelle dans un monde interdépendant où nous ne nous en sortirons pas les uns sans les autres.

Demander le baptême c’est prendre le chemin de la confiance, avec Jésus.

Il s’est révélé enfant de Dieu et frère universel d’une manière unique. Par le baptême nous voulons nous aussi reconnaître Dieu comme notre

Père commun en aimant les autres comme des frères. Nous ne voulons pas seulement donner de notre superflu mais nous donner vraiment

nous mêmes, avec le meilleur de ce que nous sommes, pour que le monde lui-même devienne meilleur !

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+