Homélie du dimanche 28 février 2016

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Exode 3, 1-15 et Luc 13, 1-9

Homélie du dimanche 28 février 2016              3ème dimanche de Carême - Année C             Exode 3, 1-15 et Luc 13, 1-9

 

Cette année de la miséricorde m’encourage à méditer avec vous,  sur ce récit de l’Exode.

Il met en scène la miséricorde de Dieu sans en utiliser le mot.

Ce récit nous donne à voir, à entendre, à éprouver et à agir du point de vue du Seigneur Dieu !

A voir à travers ce buisson qui brûle sans se consumer, le coeur brûlant d’amour de Dieu pour son peuple.

Dieu, notre Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas un Dieu impassible ou indifférent.

C’est un Dieu qui voit : j’ai vu, oui j’ai vu  la misère de mon peuple qui est en Egypte. C’est un Dieu qui entend : J’ai entendu ses cris sous

les coups des surveillants.

C’est un Dieu qui éprouve, telles les entrailles d’une mère : oui je connais ses souffrances. 

C’est un Dieu qui agit comme un père qui ne veut pas que ses enfants se perdent : Je suis descendu pour le délivrer.

C’est un Dieu qui fait alliance et s’associe ceux qu’il appelle : Va, je t’envoie tu feras sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël .

C’est un Dieu qui agit avec et pour son peuple. Il intervient dans l’histoire, pour en faire, avec nous, une histoire de salut.

Dans ce récit la révélation d’un Dieu proche, affecté par nos souffrances et résolu à nous en délivrer, est indissociable de la révélation de sa

Gloire. Moïse se voile le visage pour ne pas porter son regard sur Dieu. Il n’a pas le droit de s’approcher : Retires tes sandales car le lieu où tu

te tiens est une terre sainte…

Et lorsqu’il demande à Dieu son Nom Moïse obtient cette mystérieuse réponse :Je suis qui je suis. Qu’on peut aussi traduire : Je suis là (Ex

3,14) ou encore : Je serai là comme celui qui sera là.

L’influence de la philosophie grecque nous avait amené à interpréter la révélation du Nom divin en traduisant: Je suis Celui qui est.

L’exégèse a attiré notre attention sur les différences de compréhension de l’être entre la philosophie grecque et hébraïque.

Dans la pensée hébraïque, « l’être » s’entend comme « être là » de manière active et efficiente. L’être de Dieu c’est d’être là pour et avec son

peuple, voilà son Nom.

Ce Nom de Dieu contient donc la promesse de sa fidélité active: Je suis celui qui est là, celui qui sera là.

Être là pour et avec son peuple si tel est le Nom de Dieu, être là pour et avec nous  tel est le Nom de Dieu dont Jésus est l’expression humaine

accomplie.

Et à travers la relecture que Jésus fait, dans l’évangile, de l’affaire des Galiléens massacrés par Pilate ou celle de l’effondrement de la tour de

Siloë qui a fait 18 victimes, Jésus évangélise ses interlocuteurs. Il dénoue le lien qui consiste à faire des évènements tragiques de nos vies la

conséquence directe de notre péché et la manifestation sans pitié du châtiment de Dieu.

Comment le Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, qui renonce au châtiment pourrait-il vouloir la mort de ses enfants 

ou le malheur comme une impitoyable  punition ?

Non, Dieu qui n’ est qu’amour  n’est pas la cause de nos malheurs et nos malheurs ne sont pas nécessairement la conséquence de notre

péché.

En même temps, Jésus nous appelle à la responsabilité et à la vigilance : Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.

Les textes de la liturgie d’aujourd’hui nous redisent qu’on ne peut opposer les deux testaments dans la révélation de la miséricorde de Dieu.

Elle s’exprime en Jésus d’une manière unique mais elle est déjà manifestée dans la révélation de son Nom à Moïse et dans la parole des

prophètes.

Redécouvrir à travers les deux testaments la richesse du mystère de Dieu qui est miséricorde, cette invitation du pape François a quelque

chose de subversif ou, si vous préférez, de prophétique.

Elle questionne nos représentations de Dieu et l’utilisation que l’Eglise et nous même, faisons du Nom de Dieu. Nos représentations de Dieu

sont nécessaires. Mais si elles peuvent être un chemin qui nous ouvre sur son mystère, elles peuvent aussi être un obstacle à sa manifestation

voire un détournement d’image, quand ces représentations deviennent, par ex, un support idéologique à des fins politiques ou moralisatrices.

A travers la redécouverte du Nom de Dieu qui est miséricorde – pour reprendre le titre du livre du pape François, nous sommes invités, je crois,

à la liberté de l’évangile ! Celle de passer, avec Jésus, de la Loi à la grâce, de la morale à la foi, de la norme à l’amour, du jugement au pardon

qui réintègre et relève !

Dans cette redécouverte du nom de Dieu qui est miséricorde, et dans les passages que cette redécouverte nous appelle à faire, c’est notre

témoignage qui se trouve renouvelé pour que les hommes d’aujourd’hui perçoivent mieux, comme une bonne nouvelle qui les touche, le visage

de Dieu qui est amour.

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+