Célébration d'installation du père Christian Alexandre

Mais, si cette responsabilité est personnelle, elle ne saurait aujourd’hui être vécue et conduite en solitaire. Elle nécessite d’être portée en équipe, en collaboration.

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Le 2 octobre 2016, Mgr Ricard a présidé la célébration d'installation du père Christian Alexandre, nouveau doyen de l'ensemble pastoral Bordeaux boulevardset prêtre référent des secteurs Bruges-Le Bouscat et Bordeaux Nord.

 

Christian Alexandre a renouvelé ses voeux devant toute la communauté, en présence de tous les prêtres et diacres de l'ensemble pastoral, du vicaire général Jean Rouet, et entouré des laïcs envoyés en mission sur l'ensemble pastoral (Equipe apostolique et Equipes locales d'animation).


Après le repas partagé, tous ont pu découvrir/approfondir au cours de l'après midi les différentes initiatives transversales vécues dans l'ensemble pastoral, avant de se quitter avec un dernier chant.

Retrouvez toutes les photos de la journée en cliquant sur l'album :

Célébration d'installation du père Christian Alexandre

 

Lettre de nomination du père Christian Alexandre :

 

Homélie de Mgr Ricard - Église Sainte-Clotilde du Bouscat - Dimanche 2 octobre 2016

Chers amis,

Vous recevez aujourd’hui en la personne du Père Christian ALEXANDRE un nouveau pasteur. Mais qu’est-ce que recevoir un pasteur ? J’arrive d’un pèlerinage à Rome, où dans plusieurs églises était représentée la figure du bon pasteur qui prend soin de son troupeau. Nous trouvons là l’évocation biblique de Dieu qui est le pasteur de son peuple (Vous connaissez tous le psaume 23 : Le Seigneur est mon berger). Nous sommes également devant l’écho de la parole de Jésus qui nous dit dans l’Évangile: « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis…je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 11, 14). Et le Christ a voulu que certains dans la communauté de ses disciples, les évêques et les prêtres, soient les signes et les serviteurs de sa sollicitude pastorale, soient pasteurs en son nom. C’est d’ailleurs ce que le Ressuscité va confier à Pierre, lorsqu’après lui avoir demandé : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? », il lui dira « Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21, 16).

Cette responsabilité pastorale est éminemment personnelle. Elle implique une relation personnelle forte entre celui qui reçoit cette responsabilité et le Christ. « M’aimes-tu ? » demande Jésus à Pierre. On ne peut être pasteur au nom du Christ sans recevoir, au jour le jour, du Seigneur cette responsabilité, ce service. On ne peut donner visage à ce pastorat du Christ sans vivre une amitié avec le Seigneur, sans entrer dans une intimité avec lui, sans chercher à partager les sentiments mêmes du Christ. Saint Augustin nous dit que l’on n’est pasteur que pour le Christ et dans le Christ et que l’on n’est pas pasteur pour soi, en dehors du Christ. Celui qui reçoit cette responsabilité, c’est au Christ lui-même qu’il devra rendre compte de la façon dont il a pris soin du peuple qui lui a été confié.

Mais, si cette responsabilité est personnelle, elle ne saurait aujourd’hui être vécue et conduite en solitaire. Elle nécessite d’être portée en équipe, en collaboration. Quand on lit les épîtres de Saint Paul, on est frappé de voir que Paul, qui est pourtant personnellement très investi dans sa mission, se donne de multiples collaborateurs, d’autres ministres du Seigneur : Barnabé, Timothée, Tite, un couple : Priscille et Aquila, des hommes et des femmes qui ont des responsabilités dans les communautés chrétiennes. Regardez tous les noms qu’il cite au chapitre 16 de l’épître aux Romains. Christian, tu auras à vivre ta responsabilité pastorale avec les autres prêtres et diacres de l’ensemble pastoral, dans le cadre d’une équipe apostolique qui comporte également des laïcs et des personnes consacrées, et en collaboration avec les différentes équipes locales d’animation. C’est avec eux tous que tu porteras cette mission pastorale que tu reçois aujourd’hui.

Quelle est cette mission pastorale que vous avez à porter ensemble ? Un regard sur le bon pasteur dans la Bible et dans l’Évangile vient nous rappeler ces exigences fondamentales : le bon pasteur conduit aux sources d’eau vive, il prend soin de la brebis malade et va chercher la brebis égarée.

« Le Seigneur est mon berger. Je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre » (Ps 23, 1_3). Un des rôles d’une communauté chrétienne, c’est de conduire chacun au Christ afin qu’il soit pour lui la lumière qui éclaire la route, le pain qui nourrit et donne des forces, l’eau vive qui désaltère et renouvelle intérieurement. La responsabilité pastorale porte le souci de voir comment nous nous entraidons les uns les autres à devenir disciples et témoins du Christ, par la prière, par l’écoute de la Parole de Dieu, par la célébration de l’Eucharistie, par l’apprentissage d’une vie conforme à l’Évangile, en un mot comment nous nous entraidons à devenir chrétiens, disciples et amis du Christ. Les Dimanches de la catéchèse que vous avez vécus dans ce secteur pastoral avaient bien comme mission de permettre à tous d’étancher leur soif spirituelle. Conduire à la source, permettre de se désaltérer, c’est à cela que doit tendre une communauté chrétienne. Et à certains jours, elle a besoin de réveil, elle a besoin qu’on l’aide à sortir de la torpeur de ses traditions ou de ses habitudes, qu’on lui rappelle que c’est toujours aujourd’hui que l’on a à vivre la conversion chrétienne, l’apprentissage de la liberté chrétienne. Vous pourrez remarquer d’ailleurs que le pasteur selon le Christ ne garde pas ses brebis confinées dans l’enclos, au contraire : il les emmène dehors et les fait sortir (cf. Jn 10, 3-4). Ne vous étonnez pas, frères et sœurs, si parfois Christian ou l’équipe apostolique vous bousculent un peu pour « sortir dehors » comme dit l’Évangile et pour respirer un autre air.

« La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces » (Ez. 34, 16). La caractéristique du bon pasteur, c’est le souci qu’il a de la brebis égarée, de celle qui n’est pas, ou n’est plus, dans le troupeau. Il n’hésite pas à quitter les 99 brebis qui sont dans la bergerie pour aller chercher celle qui est ailleurs. Le pape François dénonce la tentation de ces pasteurs qui, aujourd’hui, veulent bichonner la seule brebis qui est restée dans l’enclos au lieu de se préoccuper des 99 qui se sont dispersées ! On peut avoir toujours la tentation de s’enfermer dans la communauté rassemblée, dans son animation, dans le souci de son organisation. Le pape François nous rappelle que l’Église doit sortir, doit aller à la rencontre des hommes et des femmes dont elle est loin mais qui ne sont pas sans attente ni sans question. Une communauté chrétienne doit être missionnaire. Je suis frappé de voir toutes les initiatives qui sont prises par différentes communautés chrétiennes dans le diocèse pour aller à la rencontre de ceux qui sont loin d’elles ou qui ont pris des distances par rapport à elles. Vous-mêmes, sur votre ensemble, avec le quartier de Ginko et l’aménagement du quartier du Bassin à Flot et de Bacalan, vous avez devant vous une ville nouvelle à évangéliser. Une équipe apostolique doit être le fer de lance de cette dynamique missionnaire. Si elle ne l’est pas, elle tournera très vite en rond.

Le Christ, bon pasteur, a porté le souci d’accueillir la brebis malade, d’être proche de tous ceux et celles qui étaient accablés par la pauvreté, la maladie, les difficultés de la vie, les problèmes affectifs, le poids de la culpabilité ou la marginalisation sociale. A la suite du Christ, nos communautés doivent porter le souci de tous ceux et celles pour qui la vie aujourd’hui est particulièrement difficile, qui sont marqués par le chômage, un divorce, une épreuve de santé, la migration, un environnement éprouvant. Un pasteur, une équipe pastorale, une communauté paroissiale doivent rester proches de toutes ces personnes en difficulté et accueillants à tous ces frères et sœurs qui ont besoin d’une écoute, d’un accueil, d’une entraide et d’un compagnonnage.

L’ampleur de la mission est redoutable. C’est pourquoi, elle ne peut pas être portée qu’à plusieurs. Dites-vous aussi que le Seigneur qui vous envoie en mission est aussi celui qui vous soutient et vous offre son compagnonnage. Alors, à toi, Christian, et à vous tous, bon courage et bonne route !

+ Jean-Pierre cardinal RICARD Archevêque de Bordeaux

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