Témoignage de Marie-Joëlle

C’est Jésus et Marie qui m’ont fait entendre que ma mission était de donner beaucoup d’amour et mon sourire à ceux que j’allais rencontrer.

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Témoignage donné au cours des célébrations du 13 et 14 février 2016, dédiées à la Pastorale de la Santé.

Témoignage de Marie-Joëlle Sallaud

 

- Marie-Joëlle, tout le monde te connait ici pour te voir le samedi soir dans cette église mais qui es-tu vraiment…….est-ce indiscret de te demander ton âge…….et d’où vient ton handicap ?

 

Je suis née en 1955 avec mon handicap. Abandonnée à la naissance, j’ai vécu dans un orphelinat puis à l’âge de 14 ans, mes grands-parents m’ont pris chez eux. Ils m’aimaient beaucoup et je les aimais beaucoup aussi. Je leur rendais service car je ne voulais pas peser sur eux et je souhaitais qu’ils me gardent très longtemps. Mais à 24 ans, j’ai dû aller dans une maison pour personnes handicapées et je n’en suis plus ressortie.

 

- Comment as-tu vécu ton adolescence et ta vie de jeune fille ?


Petite, je ne suis pas allée à l’école, j’ai appris à lire et écrire toute seule. Les sœurs qui s’occupaient de nous étaient gentilles. A 30 ans, j’ai reçu une demande en mariage de la part d’un garçon que j’aimais aussi ; sachant que ma maladie était transmissible et ne voulant pas transmettre ma maladie à mes enfants, j’ai refusé cette offre et fait un grand sacrifice. Voilà pourquoi vous me voyez venir à St Pierre avec des Bébés. J’ai un grand désir de câliner, de materner, ce que je n’ai pas reçu étant petite.

 

- Comment est née ta foi……


Depuis l’âge de 6 ans, j’aime Jésus. C’est Jésus et Marie qui m’ont fait entendre que ma mission était de donner beaucoup d’amour et mon sourire à ceux que j’allais rencontrer. Je fus très heureuse de cette mission : oui, être à l’écoute du ciel, c’était ma vocation. J’allais avoir beaucoup de monde à aimer.

 

- Tu parles de mission ; comment la vis-tu ?


Ma mission est d’écouter les autres, de les aider, de dire que Jésus est amour. C’est ce que je dis lorsque l’on me demande de venir témoigner de ma foi dans les écoles, les collèges, à Lourdes ou à Paris. Les jeunes me posent beaucoup de questions. Je suis touchée par ce qu’ils me confient.
Je vis aussi ma mission au quotidien et c’est très dur. Je suis moquée, le personnel est peu respectueux et sans le vouloir, mal traitant (lorsque je viens à la messe le samedi soir, je n’ai pas de repas en rentrant. Je dois aller dans l’après-midi m’acheter un sandwich).
Ils me trouvent trop maternante avec les résidents qui sont le corps du Christ souffrant, mais lorsqu’un de nous meurt, c’est moi que l’on vient chercher pour l’apaiser, prier avec lui et lui dire qu’il s’en va rejoindre Jésus qui l’aime tant.

 

- Marie-Joëlle, tu portes les autres…..mais toi, qui te porte ?


Je donne beaucoup mais je reçois peu. Je vis dans une grande solitude.  C’est pourquoi je suis si heureuse et joyeuse lorsque je viens à la messe ici. Je suis trop bien entourée. Et surtout je retrouve ma maman Françoise qui fait tellement pour moi.
Je prie beaucoup : matin, midi et soir. Je ne peux pas vivre sans mes heures de prières ; je ne tiendrais pas le coup.

 

- Marie-Joëlle, une dernière question : quelle est ton espérance ?


Ma plus grande espérance, c’est que je sois la petite du ciel, cela me met en joie.
Le monde est si triste, la tendresse dans notre société est si difficile à transmettre qu’il faut donner beaucoup sans toujours attendre en retour.
Courage, donnez votre tendresse et votre sourire pour que la miséricorde de Dieu soit vivante !
Merci à vous tous de votre écoute

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+