Aumônerie Catholique de la Tour de Gassies

Nous partageons aussi bien les souffrances physiques ou morales de ceux qui sont abandonnés par la famille et les amis que leur bonheur lorsque leur entourage les accompagne aux temps de prière.

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ACCOMPAGNER LA MALADIE ET LA SOLITUDE


Il y a des lieux et des situations qui transportent des idées toutes faites. Dès qu'on les évoque, la plupart des gens marquent un mouvement d'émotion lié à l'image de l'endroit. C'est un élan positif ou un recul, selon les cas. La Tour de Gassies n'échappe pas à ces idées toutes faites...

C'est aussi avec cette première image que j'ai dit oui, à la demande qui m'était faite d'en devenir l'Aumônier. Une fois passée la porte, l'on se rend vite compte des ressources humaines incroyables qui fleurissent toutes seules ou sont appelées par la technique et par le sens de l'humain.
Les patients ont très souvent des histoires incroyables à raconter de ténacité, de volonté, après l'accident qui a fait basculer leur vie dans une autre dimension. Celle du courage, celle du doute, celle de la rencontre avec d'autres patients, celle de la rupture familiale ou tout au contraire de la solidarité des amis et des proches. Et quelquefois au milieu de ce fourmillement de questions et de pleurs, peut surgir le souffle léger de la foi.                                             

A Gassies des humains soignants donnent beaucoup d'eux-mêmes pour remettre debout. C'est bien sûr une proximité incroyable avec Jésus de Nazareth, qui toutes ses journées faisait la même chose en Palestine. A travers eux, patients et soignants, Jésus continue ce qu'il avait commencé.                   

Jean-Yves Robert, aumônier

 

Depuis 5 ans, j’ai toujours la même  appréhension lorsque je frappe à une porte : Comment va-t-il (elle) m’accueillir ?
Je pensais, au début : « Je viens les visiter donc ils vont être contents, ils auront le sourire »
Et pourtant, chaque jeudi est différent et les réponses varient : « Non, pas envie de visite » « Je reviens du kiné et je suis fatigué ». « Vous êtes catholique….non merci » « Oui  entrez, j’ai bien besoin de partager un petit moment avec quelqu’un de l’extérieur »
Après nos visites dans les services, nous proposons  un moment de prière et l’eucharistie dans la salle cultuelle. Les patients viennent…ou pas ! Il m’est arrivé de communier seule.
Il m’a aussi été donné de vivre des moments de fortes émotions, en vérité car dans ce lieu, patient et visiteur sont face à  eux-mêmes. Nous partageons aussi bien les souffrances physiques ou morales de ceux qui sont abandonnés par la famille et les amis que leur bonheur lorsque leur entourage les accompagne aux temps de prière. De beaux moments de fraternité !
Il m’arrive aussi de quitter la Tour de Gassies insatisfaite de mon après-midi : Pas trop eu le courage de frapper aux portes, pas trop en état de recevoir «  l’autre ». Mais lorsque nous vivons une  célébration de Noël où 30 personnes, patients, amis et familles sont présents, les pleurs et les sourires se mélangeant, je sens une telle force que je me dis : «D’accord, Seigneur, je repars pour une année ! »

Odile, membre de l’équipe d’aumônerie de la Tour de Gassies

 

Pourquoi ai-je dit oui aux jeudis à Gassies? Ignorante des grandes souffrances réelles physiques et morales des malades et des cabossés, ne mesurant pas la difficulté de frapper à une porte, de l'ouvrir - ou pas- mais innocemment poussée par une confiance puisée dans la prière et l'exemple; puis, Gassies, c'est devenu une rencontre avec l'autre dans sa misère mais aussi dans son immense richesse; c'est un échange. Gassies, c'est également une rencontre avec soi-même: on apprend sa propre pauvreté, on bute sur ses propres limites et on reçoit le regard, la parole qui donne envie de continuer...

Marie, membre de l'équipe d'aumônerie de la Tour de Gassies


Extrait de "A nous la Parole", Dimanche et Après n°396 - Octobre 2015

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